Emma

Déjà lorsque j’étais très jeune, les personnages des livres que notre mère nous lisait étaient des membres permanents de la famille, au même titre que ma grand-mère, le chat et le lutin qui vivait dans le jardin. Mon frère, le baron perché, et ma sœur la princesse seconde, furent avec eux mes premiers compagnons de jeux.
Afin de me confronter aux déferlantes de la langue étrangère et à la crise de la culture, je choisis dès l’adolescence de partir dans le nord de l’Allemagne, au bord de la mer baltique et passai quelque temps sous les vents de Neptune, dans l’incompréhension la plus totale. Les mots avec lesquels je revins ne m’ont plus jamais quittée depuis.
Plus tard, le bac en poche, je bringuebalai ma carcasse de ville en ville estudiantine par-delà les frontières, jusqu’à ne plus savoir où était chez moi : une véritable éducation européenne au rythme des fêtes galantes version moderne.
Heureusement, il me restait toujours ma vallée en Auvergne, où les yeux dans les arbres m’observaient toujours avec une bienveillance régénératrice et où je pouvais toujours me camper, les deux pieds dans les racines du ciel, pour penser à la suite.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s