Au bonheur des ogres

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Je suis assez ennuyé pour expliquer ou résumer ce roman.
Car, cohabitent dans environ 300 pages :

  • une histoire familiale assez complexe. Il ne s’agit ni d’une famille recomposée banale, ni d’une famille vivant une tragédie, plus d’une constellation de personnes issues d’une même unité familiale qui essaient de vivre en harmonie. Très difficile.
  • une histoire d’amour, ou plutôt des tentatives de se croire « en amour »
  • une histoire sociale, le lecteur se retrouvant plongé dans les tribulations d’un grand magasin avec ses rapports de hiérarchie, de travail, comme dans un Zola moderne.
  • un véritable roman policier avec des bombes qui explosent dans le Grand Magasin et – des soupçons sur presque tous les protagonistes.Daniel Pennac a vraiment le don d’intriguer…Mais quel est le lien, me direz-vous, entre tout ça ?
    Le lien est incarné par Benjamin Malaussène. Il est le narrateur et le personnage intervenant dans toutes les sphères. Il est le grand frère, ciment de la famille. Il travaille au bureau des réclamations du Grand Magasin. Et il est amoureux.
    Malaussène a aussi un autre rôle dans ce roman : il est bouc émissaire « professionnel ».
    Bouc émissaire dans sa famille, dans son travail et dans ses relations amoureuses.Alors je me suis interrogé, pour la première fois, sur ce rôle.
    A-t-on besoin d’un bouc émissaire pour vivre ? Et pourquoi ?
    Pourquoi tel individu en vient à occuper ce rôle ?
    Doit-il régler toutes les injustices ?
    Fait-il le « bonheur des ogres » ?
    Comment le bouc émissaire se réveille-t-il ?

    Une autre question vient s’imbriquer dans les entrelacs de ce roman : celle du rapport à l’écrit, à la transmission des idées, des impressions. Malaussène tient là encore le rôle principal, malgré lui.
    Bouc émissaire jusqu’à la fin et même dans la réussite et la gloire.
    À méditer.

Richard Richard