À cause de la vie

À cause de la vie - Richard

Lecture dessinée du roman À cause de la vie, par Véronique Ovaldé (lecture) et Joann Sfar (dessins)
Avant-première du festival Oh les beaux jours ! – Vendredi 7 avril 2017

****
Le tableau blanc s’anime de signes noirs évocateurs, annonciateurs, prometteurs.
Mise en scène d’une lecture… ou comment faire vivre des mots ?
Dédoublement des sensations : il faut regarder et écouter.
L’exercice est-il possible ?
Par l’élaboration d’un dessin, d’un trait de rien pour un tout.
Par la concentration sur la voix qui dit, qui lit la beauté des mots.
Le temps de l’heureux partage du récit et du signe plastique arrive vite.
L’alchimie opère.
Les personnages nous alpaguent.
On rit, on s’amuse et pourtant ils vivent des différences qui excluent.
Nathalie, 11 ans, se trouve étrange, mélancolique, désespérée d’être seule.
Elle s’est donné le surnom exotique de « Sucre de pastèque »…
Et elle rêve d’un gentleman qui viendrait la sauver.
Arrive Eugène, 11 ans lui aussi, à la recherche d’une pompe à vélo.
Bègue, malingre, il est aux antipodes du super héros. Il est « antipopulaire ».
Pourtant, ils ont la particularité commune d’être au monde dans une trop grande sensibilité.
Un jeu courtois s’installe entre les deux « presqu’adolescents ».
Nous sommes pris, encore, dans un double sentiment : tantôt l’amusement, l’intelligence, tantôt la tristesse, la peine.

« À cause de la vie », cette relation va être malmenée.
Tout va leur échapper… Resteront les souvenirs d’une aventure d’enfants.

Richard Richard