If I must die

Chicago,
l’été rouge,
Nougaro disait qu’il n’y a ni noir ni blanc,
juste du sang.
Cet été-là était de sang.
Washington, Tennessee, Texas, Arkansas, Nebraska…
Chicago.

Le 27 juillet 1919.
Les plages du lac Michigan.
Une ligne imaginaire.

D’un côté peut-être, le sable est plus blanc ?
Un jeune homme traverse.
La ligne noire.
Non, c’est sa peau ! Sa peau qui devrait être comme le sable, de ce côté-là.
Ségrégation.

27 juillet.
Lac Michigan,
Un jeune homme se noie.
Il est noir, et les cailloux qui le coulent ont les mains blanches.
Comme le sable de l’autre côté d’une ligne qui n’était même pas tracée.
Des témoins ont tout vu mais la police ne veut rien voir…
Comme lorsque le Ku Klux Klan lynche du Noir
1918
64
1919
83
Les chiffres de l’impunité
institutionnalisée.

Chicago,
Le 3 août 1919.
38 morts – 23 Noirs et 15 Blancs
des blessés, plus de 500
et un millier de familles aux maisons incendiées.
Noires dans l’été rouge écrit en mains de blancs.

Alors
If We Must Die
Si nous devons mourir
Le poète appelle à l’insurgence
Car si l’on doit mourir,
noir ou blanc,
que ce soit dignement.

Un siècle d’une même vie ?
Les rues de Ferguson
New York, de Cleveland et de Baltimore
#BlackLivesMatter ?
Le poète le disait juste autrement.
M’Bê Asch

Lire le poème If we must die de Claude McKay auquel ce texte fait référence. Ou bien l’écouter, en VO, par la voix de son auteur.

I am a Man - 1968 - Memphis - Ernest Withers

Manifestation d’ouvriers à Memphis, Tennessee, en 1968. Sur les pancartes, on peut lire : I AM A MAN. En écho, cette photo d’une manifestante face aux policiers à Baton Rougele 9 juillet 2016. Elle est devenue une icône du mouvement « Black Lives Matter ».

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