Tchatche ou dribble… choisir son camp ?

Du foot dans un théâtre… En voilà une idée saugrenue, diront certains. Encore un truc d’intello pour s’encanailler et faire « populaire ». De toute façon, les vrais amateurs de ballon rond, ils ne viendront pas le voir, votre « match des matches », ils préfèrent les dribbles à la tchatche.

Pourtant, parfois, la tchatche sait faire des dribbles. Les mots peuvent lancer des émotions bien coupantes, des histoires d’hommes et de vie. Comme celle du minot aux jambes tordues des favelas, Mané Garrincha, qui deviendra « alegria do povo », la joie du peuple. Grâce à un petit jeu répété des années durant : « Feinte de départ, nouvelle feinte de départ, un coup de rein, et l’adversaire est éliminé. » Jean-Paul Delfino raconte son amour du jeu, de l’excès, comme sa face tragique. « Pendant quatre jours et quatre nuits il a bu sans interruption, il a bu jusqu’à quitter la terre, jusqu’à voler au-dessus des bidonvilles, au-dessus des terrains de football, au-dessus du monde entier. » Il cite le poète Carlos Drummond de Andrade, à propos de ce joueur fou : « S’il y a un Dieu qui s’occupe du football, ce Dieu est avant tout ironique, farceur, et Garrincha a été l’un de ses envoyés, chargés de se moquer de tout et de tous dans les stades. »

Il y a aussi Roberto, le footballeur masqué qui vengea les Brestois de Mulhouse et de la loose… Ou Di Méco, l’artiste du tacle, « poète violent » avec ses « couteaux dans les pieds, prêt à égorger d’un bond ». Mais ça, ce sont d’autres histoires, d’autres vies tissées de dribbles, de frappes et de la tchatche des écrivains.

Ninub

Le match des matchs

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