NinuB

Au commencement, il y eut un cri. Un « NON ! » sorti des entrailles, long et déchiré, lorsque le lion meurt, pour ne pas qu’il meurt. Première irruption de la littérature dans ma vie. Toute la violence et la vérité de la fiction surgissant dans les larmes enfantines.

Les années suivantes, je suis les petites pierres dispersées sur le sentier du jeu de la langue et du hasard : tantôt sur les traces de la fée carabine, du beau Solal, de Fabio Montale ou de Madame Rosa.

Puis vient la découverte de ce que les livres ont à me raconter à moi, intimement. Comme les mots du premier homme… « Tu, mio », prononcés face à la mer, à l’âge où on a un furieux besoin de lyrisme.

Lorsque je largue les amarres, pour partir loin de la ville natale, il est temps de se confronter aux mondes créés par la littérature, du côté de chez Swann ou dans un voyage au bout de la nuit.

Mais les livres sont aussi l’embarcation parfaite pour explorer les contrées lointaines : au pays où Rouge est un nom, parmi mendiants et orgueilleux, en suivant la migration vers le nord, et jusqu’à l’ouest du soleil. Pour cela il faut parfois l’aide d’un passeur.

Au terme des longs voyages, on est heureux de revenir aux sources, à l’essentiel, pour suivre les courbes de la corniche Kennedy à l’heure où les lucioles viennent la décorer,  de Malmousque à l’île Maïre. Ou pour s’inventer d’autres vies que la sienne, voire, soyons fous, un nouveau roman du mariage. Et on réalise alors qu’il y a toujours des chemins du possible à arpenter.

NinuB

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