De la fenêtre, le trompe l’œil

Fenetre-Trompe-loeilBenoît Guillaume, auteur graphiquement engagé

Couleurs complémentaires, récit ciselé, propos militant et maîtrise graphique.

Tout d’abord, les couleurs. Seules les bleu et rose de la couverture diffèrent de celles choisies pour l’ensemble de l’ouvrage. Un vert olive contrastant avec le gris anthracite comme pour évoquer la prééminence de la verdure sur ce quartier décrépi. Tout du moins dans l’œil de Bertrand, pour qui tout n’est que beauté. Arrivé dans ces rues en pleine « réhabilitation » à la suite d’un malheureux concours de circonstances, le héros a choisi de positiver…

Un beau message servi par un trait juste et une série de planches graphiquement parfaites. Par un jeu de transparence, l’œil du lecteur se trouve happé par ce récit de vie, assez banal et pourtant tellement symptomatique de notre époque.

Loin d’être donneur de leçon, ce petit livre pousse à réfléchir, sans tomber dans l’incantation stérile au bonheur. Bertrand tente, avec ses armes, de combattre la fatalité qui l’entoure. Chacun ses armes, chacun son combat. L’important, c’est de se recentrer sur l’essentiel. Une ode poétique à la vie, sorte de carnet de voyage urbain, que l’on peut consulter à loisirs, ne serait-ce que par pur plaisir esthétique.

Marion

 

N.B. : De la fenêtre, le trompe-l’oeil, sorti en 2006 et réédité en 2015, est le premier livre de Benoît Guillaume. Il a depuis publié Chúc Súc Khóe : carnet d’Asie chez Cambourakis, des flips books chez FLBLB et des carnets de croquis. Il a aussi réalisé, avec Barbara Malleville, le court métrage d’animation « Encore des changements », d’après Henri Michaux.