Wizzywig

Wizzywig, hermétique ou initiatique ?

Loin d’être une geek, j’ignorais l’existence du phreaking. Apprendre l’existence de cette technique de fraude des lignes téléphoniques aurait pu satisfaire ma curiosité naturelle… Pourtant, l’exercice a été plutôt fastidieux et très vite une lassitude s’est installée, accentuée par l’impression répétitive du gaufrier sur la majorité des 286 pages de l’album.


Le lecteur suit les pérégrinations de Kevin, alias Boingthump Phénicle, de son enfance difficile (élevé par ses grands-parents et chahuté en classe), à son incarcération à travers la voix de son meilleur ami Winston Smith.

Perdue dans les détails techniques des prouesses de cet artiste surdoué, j’ai accordé plus d’attention à la peinture de l’univers carcéral états-unien et au traitement graphique des protagonistes. À l’extrême précision des traits, Ed Piskor vient s’opposer le flou employé pour les yeux et le nez du protagoniste, sorte de « Monsieur tout le monde ».

Pour résumer, en toute subjectivité, je dirais que mon avis reste mitigé. À l’instar de l’ambivalence du pseudo « Wizzywig », acronyme de What You See Is What You Get, interface face permettant de mettre en forme en voyant le rendu final, je me suis « heurtée » à cette double temporalité.

Une belle expérience littéraire tout de même, qui aura eu le mérite de me plonger dans un univers qui m’était totalement étranger, virtuel et pourtant totalement réel puisque cette fiction s’inspire très largement de la trajectoire de Kevin Poulsen, hacker ayant véritablement existé.

Une ode à la diversité à la portée de tout informaticien passionné ou de tout néophyte assumé !

Marion